vendredi 25 octobre 2013

COUP DE PROJECTEUR SUR... LA BIENNALE INTERNATIONALE DE CÉRAMIQUE CONTEMPORAINE

L’on raconte depuis des temps russes très anciens que la vieille sorcière Babayaga vivait dans une petite cabane en bois, juchée, d’après la légende, sur une patte de poulet… C’est sur ce récit empreint de diableries et matérialisé par l’artiste Thierry Breton que s’ouvre la 17ème Biennale Internationale de Céramique Contemporaine de Châteauroux. Michèle Naturel, Commissaire de la Biennale, nous plonge au cœur d’un voyage artistique surprenant sur le thème des écrits, mythes et légendes…











LA OU L'EAU EST PROFONDE (enamel on clay)

Grande coupe sculpture, en forme de couronne. Terre cuite émaillée de bleu abyssal et de blanc clair de lune.



La composition Figure un frétillement de sardines, à peine sortie de l’eau, reposant sur un anneau.

Dans une même onde, le mouvement des poissons dessine la coupe.



Le travail des émaux permet de sculpter avec les couleurs et renforce le clair obscur de la forme, rappelant la face cachée des abysses et la prise de la lumière à la surface des eaux.



« Là ou l’eau est profonde » évoque l'invisible, la pêche miraculeuse, le mouvement et la fluidité.



La coupe est l'objet par excellence utile à tous les quotidiens, pain, fruits…

C'est aussi un objet qui a depuis toujours été le support d'une expression symbolique.

Contenant, il permet surtout d’offrir.



La coupe prend une place souvent centrale, donnant un ordonnancement concentrique à une table.

C'est un objet de tous les jours qui s'expose : En cela, il peut être assimilé à une œuvre.



Une sculpture expressive ou un objet utilitaire ?
Mathilde Bretillot designer :



Au vu du travail de Thierry Breton, j’ai choisi pour référence une pièce en bronze intitulée « les trois grâces », représentant 3 sardines posées dans une assiette. Cette figure des poissons a été le point de départ pour une recherche de mise en forme d’un objet d’usage.



Thierry Breton sculpteur :



Au vu du travail de Mathilde Bretillot, j‘ai choisi, comme une influence, sa capacité à créer un rapport de force et d’harmonie entre les volumes d’un même objet.



Nous avons eu envie de réaliser un objet/œuvre : l’usage et la présence.



Rencontre entre un artiste et un designer :



Après de fréquents échanges sur les aspects similaires et différents de nos pratiques face à la conception d'une pièce, nous avons eu envie de faire une tentative de conception/réalisation en symbiose.



Dans le cas d'une telle collaboration, la prise de risque est totale, l'objet prend forme au cours de la discussion, il suit les questionnements, les hésitations, les partis pris.

Il est donc emprunt totalement de l'histoire de cette discussion, il n'existe que par elle.

Il devient ce que l'on nomme une pièce unique, mais c'est avant tout la discussion qui est unique.

De fait on ne peut jamais reproduire une discussion, on peut l'interrompre et la reprendre comme un objet en cours de fabrication.

Puis on peut conclure cette discussion comme on peut finaliser L'objet.



Designer sans dessin, Artiste intégrant l’inspiration du designer. Chaque étape a été questionnée et débattue entre les deux, afin de ne pas perdre le fil d’une intention commune.



C'est cette rencontre entre le narratif et l'abstrait, entre l'usage et la présence d'une œuvre que nous avons voulu mettre en jeu.

CHAIR / FLESH (enamel on clay)